Pesticides, Révélations sur un scandale français

Fabrice Nicolino, journalisteDSCN4927.JPG et François Veillerette, Président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), ont mis en lumière dans ce livre, paru en 2007, de très nombreuses études dénonçant l’impact des pesticides sur la santé humaine et sur l’environnement depuis 1945.

Le livre débute fort avec cette citation de Roger Heim, président de l’Académie des science en 1963 : « On arrête les « gangsters », on tire sur les auteurs de « hold’up », on guillotine les assassins, on fusille les despotes – ou prétendus tels -, mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et leurs imprudences ? ».

Dans ce livre tout est dit, tout est dénoncé ! L’histoire de l’arrivée des pesticides en France est retracée depuis la fin de la 2nd guerre mondiale et aucune institution politique, aucune industrie n’est épargnée. Ainsi, l’ouvrage dénonce le rôle du ministère de l’agriculture, de l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes), du FARRE (Forum des Agriculteurs Responsables Respectueux de l’Environnement), de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), des médias, des laboratoires…

Selon une étude, 47 % des fruits et légumes seraient contaminés dans l’UE. La pomme, par exemple, subit de 21 à 36 traitements différents par an.

« Pourquoi cette forte consommation de pesticides ? Parce que. Parce que le sol est devenu gêneur, qui respecte des règles aussi absurdes que la saison, la lumière, l’humidité, la chaleur, la fertilité. La société marchande ne peut ni ne veut attendre, patienter, composer. Il lui faut toujours plus vite obtenir davantage sur la même surface. »

Les pesticides sensés éliminer toutes traces de parasites et d’acariens pour protéger la plante ne font qu’amener de nouvelles espèces envahissantes. Le seule solution trouvée est d’augmenter toujours plus la contamination avec toujours plus de nouveaux pesticides.

« En 1934, 236 espèces étaient classées comme parasites des cultures. Parmi elles, des virus, des bactéries, des champignons, des insectes, des mollusques, des oiseaux, des mammifères, des nématodes, des acariens. » 236 dont 140 espèces d’insectes. Or, en 1972, après 30 ans d’utilisation de pesticides, ce nombre s’élève à 643 au total dont 278 espèces d’insectes. 

Le nombre de certaines maladies a explosé:

  • Le cancer: entre 1978 et 2000, le nombre de cancer a augmenter de 63 %, en prenant compte le vieillissement de la population, ce chiffre est de 35 %. De nombreuses études montrent un lien important entre l’environnement et la santé.
  • Les anomalies congénitales: des études montrent l’impact de plus en plus croissant des perturbateurs endocriniens (pesticides, dioxines, solvants) chez le foetus. Par exemple, une étude montre qu’entre 1985 et 2000, en Hongrie, en Grande-Bretagne et au Danemark, les malformations des nouveaux nés mâles ont doublés : micropénis (verge courte), la cryptorchidie (testicules non descendues) et l’hypospasias (l’orifice de l’urètre n’est pas au niveau du gland).
  • La reproduction perturbée: ici encore, des études montrent clairement le lien entre la baisse de la fertilité et l’exposition aux pesticides. Des études ont été réalisées sur une population d’hommes présentant une mauvaise qualité de sperme et un nombre de pesticides important présents dans leur organisme. La revue Epidemiology en 2003, démontre que dans une population de femmes connaissant des problèmes de reproduction, le facteur de risque le plus important était le fait d’avoir préparé et employé des herbicides !
  • Les troubles neurologiques et cognitifs: ici aussi des études démontrent le lien entre  pesticides et anomalies affectant le système nerveux. Ainsi, selon une étude publiée à American Journal of Epidemiology, les personnes âgées ayant été professionnellement exposées aux pesticides avaient 5,6 fois plus de risque de développer la maladie de Parkinson et 2,3 fois la maladie d’Alzheimer.
  • Les dysfonctionnements du système immunitaire: selon de nombreuses études scientifiques, l’exposition des pesticides a des effets sur notre système immunitaire.

Les pesticides sont responsables de nombreuses maladies et de la destruction de la nature en polluant les sols, l’eau… Cependant, une autre France est possible!

En effet, une autre agriculture est possible comme le démontre les récoltes sans engrais d’André Pochon, fondateur du Centre d’études pour un développement agricole plus autonome (CEDAPA) qui a mené à la mise en place du Réseau d’agriculture durable (RAD).

Les auteurs présentent d’autres précurseurs comme Georges Toutain, ancien scientifique à l’INRA, qui pratique depuis plus de 50 ans une agriculture bio forte en rendement et sans engrais chimique. Il crée également le manse horticole d’insertion sociale pour aider les exclus de la société à se réinsérer. Mais aussi, Pierre Rabhi, venu d’Algérie et devenu, dans les années 60, paysan en Ardèche. Il est un pionnier de l’agriculture biologique. Il continue de promouvoir une autre forme d’agriculture plus respectueuse de la nature et de l’Homme. Dominique Guillet, quant à lui, travaille pour sauver la biodiversité alimentaire où il propose diverses semences issues de l’agriculture biologique via l’association Kokopelli.

Pour conclure, les auteurs nous appellent tous à agir!

« La suite ? Elle dépend de nous tous, de nous seuls. Un système aussi enraciné, aussi solide que celui-là ne saurait se briser au premier cri de révolte. Mais il n’y a pas d’autre voie que celle de la rébellion. Collective, non violente, mais ferme. Très ferme. Immédiate et complète. Il faut faire rendre gorge à ceux qui préfèrent leur chiffre d’affaires à la vie sur terre. »

Je vous ai proposé, ici, un résumé succinct de ce livre de 345 pages, mais je vous conseille vivement de le lire si vous souhaitez approfondir le sujet 🙂

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Une réflexion sur “Pesticides, Révélations sur un scandale français

  1. Les pesticides, c’est comme le nucléaire « faut pas en parler » ! Donc parlons-en ! Les pesticides comme le dit Fabrice Nicolino trouvent leur origine dans l’industrie chimique et particulièrement l’industrie de la guerre et de la mort (cf guerres du XX ème siècle). L' »ADN » de ces produits c’est la mort ! Mort des sols, mort des hommes. Concrètement dans un département comme les Alpes de Haute Provence où existent de nombreux paysans « bio », l’industrie agricole dominante n’est pas bio du tout et elle se cache derrière l’image « nature » des Alpes et les produits réputés comme la lavande. La majorité des puits d’eau est polluée pour des siècles à cause des pesticides. Dans l’actualité du jour en France on revoit les agriculteurs-éleveurs manifester. Mais on ne voit pas trop d’éleveurs « bio » et on n’entend aucune revendication pour une agriculture limitant -au moins- les pesticides. Cherchez l’erreur !

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