L’avenir de l’eau

DSCN5473Erik Orsenna de l’Académie Française nous fait voyager à travers le monde à la recherche de l’eau, sous toutes ses formes. Dans son livre, L’Avenir de l’eau, petit précis de mondialisation II, Erik Orsenna nous parle de l’eau à travers un roman, comme si on lisait une histoire. On apprend l’histoire de l’eau, du cycle renouvelable de l’eau, une histoire entre l’hydrogène et l’oxygène!
L’eau représente 71% de la planète et 40% de la population mondiale vivent à moins de 70 km d’un rivage marin!

L’auteur nous emmène en Australie où les problèmes de sécheresse sont fréquents. 4, 5 millions d’Australiens consomment en moyenne 260 litres d’eau (les Canadiens: 330, les Américains: 300, les Français: 160). Des solutions existent comme la lutte contre les fuites du réseau, récupération des eaux de pluie, le traitement des eaux usées et dessalement de la mer (à Sydney, il pleut 2 fois plus qu’à Londres or seulement 12% des eaux de pluie est récupérée). Le secteur des produits miniers représentant plus de 10 % de la production intérieure et 55% des exportations consomme une quantité d’eau incroyable. Par exemple, la Mine Olympic Dam (1re réserve d’Uranium au monde, 4e de cuivre, 5e d’or) consomme 35 millions de litres d’eau par jour.

Direction Singapour où malgré les fortes pluie, il manque d’eau et dépend donc de la Malaisie. Singapour trouve son eau via l’eau de pluie, l’eau usée traitée, l’eau dessalée et l’eau vendue par la Malaisie.

L’auteur évoque les maladies causées par le manque d’assainissement et le manque d’eau potable, le choléra, la dysenterie, dont l’eau est également la solution.

On y découvre les îles du Bangladesh où les habitants souffrent des inondations qui se cessent de s’accroître avec le changement climatique. Ils perdent tout et très souvent ne peuvent pas se sauver à temps car ils ne savent pas nager…

Direction la Chine où Erik Orsenna évoque la pollution des rivières et des terres agricoles causée par les engrais chimiques et le rejet des eaux non traitées. Seulement 30% des eaux domestiques sont traitées avant d’être rejetées et à peine 60% dans l’industrie: un tiers des rivières sont ainsi polluées!

Voyage à Las Vegas où la consommation d’eau est la plus forte (1000 litres par personne et par jour). La ville s’approvisionne à 90% par les eaux du lac Mead dont ses réserves s’épuisent chaque année!

La solution du dessalement de l’eau de mer est une option étudiée par les scientifiques, on apprend l’investissement que cela représente car il faut pomper, nettoyer, monter en pression en évitant tout gaspillage, purifier et enfin reminéraliser (on y ajoute calcium, magnésium…).

« 47 millions de mètres cubes d’eau potable produits par jour à partir de la mer! Volume en apparence considérable, mais qui ne représente encore que 0,45% de la consommation d’eau douce quotidienne de la planète »

Erik Orsenna évoque Danielle Mitterrand comme la personne incarnant l’altermondialisme. « Danielle ne voit pas pourquoi elle (la résistance) ne triompherait pas aujourd’hui du nouveau mal: l’empire et l’argent. D’ailleurs pourquoi assimiler argent et richesse? Bien d’autres réalités existent, qu’il faut prendre en compte pour mesurer le vrai progrès. » Ainsi, l’auteur évoque la « guerre de l’eau » en Bolivie à la fin des années 1990.

En passant en Inde et au Pakistan, on comprend rapidement les inégalités entre les régions du monde concernant l’accès à l’eau où certains dépendent des glaciers.

« Première erreur, généralement commise: l’eau n’est pas le pétrole. L’eau est une ressource renouvelable. Pour comprendre l’eau, il ne faut pas comprendre gisement mais cycle. Le risque n’est donc pas que s’épuisent des gisements, mais que se dérèglent des cycles. La déforestation, par exemple, dérègle un cycle et réduit les pluie.
Deuxième erreur, elle aussi généralement commise: le réchauffement global ne va pas diminuer la quantité d’eau disponible, mais l’accroître. L’intensification de l’effet de serre va augmenter le rayonnement solaire à la surface du globe. En conséquence, l’évaporation aura tendance à s’amplifier. Plus d’humidité dans l’air se traduit par davantage de précipitations.
Troisième et quatrième erreurs: croire à  la régularité, croire à l’égalité. Par sens moral tout autant que par paresse intellectuelle, on voudrait penser que ce surcroît de précipitations se répartira régulièrement tout au long de l’année, équitablement sur toute la planète.
Des mécanismes complexes, qui impliquent le jeu des courants d’air dans l’atmosphère, font qu’il n’en sera rien. La violence et l’injustice triompheront. Des canicules alterneront avec des déluges. Les régions déjà bien arrosées seront inondées. Les zones arides recevront moins encore.
Un point de vue global ne raconte rien d’utile. Pour servir à quelque chose, toute analyse doit se référer à des réalités locales. »

J’ai tenté ici de résumer ce précis à propos de l’or bleu. Ce livre se lit très facilement comme un roman, je vous conseille donc de le lire 🙂

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